SVT monde

Daltonisme et vision des couleurs

mercredi 15 octobre 2008 par Erwan Le Fol

Le daltonisme est un trouble héréditaire de la vision des couleurs notamment du rouge et du vert. La transmission du daltonisme est héréditaire de type récessif et liée au sexe. L’anomalie de la vision est due à un trouble fonctionnel des cônes de la rétine, qui permettent la perception des couleurs (définition tirée du Dictionnaire de la Médecine).

Le daltonisme

Le daltonisme est donc une anomalie de la vision due à un trouble fonctionnel des cônes de la rétine.

Une origine génétique

Les gènes codant pour les pigments rouge et vert se situent l’un à la suite de l’autre sur le chromosome X. Le gène codant pour le pigment sensible au bleu est placé sur le chromosome 7. Lors de la fécondation, on assiste à une recombinaison génétique. On observe alors deux cas différents.

- Perte d’un gène : un gène est absent de l’un des chromosomes. Celui qui en hérite est dichromate : il ne possède que deux pigments.

- Apparition de gènes mutés :elle entraîne des modifications de la structure spatiale de la protéine de pigment, et donc une modification des ses propriétés. Son spectre d’absorption est modifié. Ces changements peuvent entraîner soit un dichromatisme soit une anomalie de vision légère.

Le fait qu’une partie des gènes soit situé sur le chromosome X explique que les femmes soient moins affectées par ce trouble (excepté la tritanopie et tritanomalie qui concernent le gène du pigment bleu situé sur le chromosome 7). En effet, elles possèdent deux chromosomes X. La présence d’un gène muté (ou l’absence d’un gène) est alors compensée par un gène non muté dans le second chromosome.

Pour qu’une femme soit atteinte de daltonisme, il faut, par conséquent, que ses deux parents soient porteurs de l’anomalie et qu’elle ait hérité de sa mère du chromosome X porteur du gène atteint ou dont le gène est absent. Une femme peut donc être porteuse du gène du daltonisme (sans pour autant être atteinte de ce trouble) et le transmettre à sa descendance. Dans la mesure ou le gène muté est récessif et il doit être présent en 2 exemplaires pour s’exprimer.

Les types de daltonisme

On classe le daltonisme selon les 3 types de cônes atteints et l’importance du trouble visuel.

- Monochromatisme (achromate)

C’est l’absence totale de perception des couleurs. Il est extrêmement rare, il touche une personne sur 40 000. Celui qui est atteint ne voit le monde qu’en nuances de gris. Les cônes sont totalement dépourvus de pigments.

L’île de Ponape située dans le centre-est de la Micronésie, au nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans l’Océan Pacifique, est connue car l’achromatopsie y est commune : près d’un douzième de la population en est affectée.

- Dichromate

C’est l’absence du pigment et donc du gène. Cela se traduit par la perception de 2 couleurs seulement :

. Protanope : perception de vert et du bleu seulement,

. Deutéranope : perception du rouge et du bleu seulement,

. Tritanope : perception du rouge et du vert seulement.

- Trichromate anormal

Dans ce cas, le pigment est issu d’un gène hybride, sa sensibilité est différente. Ceci se traduit par la perception des 3 couleurs d’intensités anormales :

. Protanomal : besoin de rouge,

. Deutéranomal : besoin de vert,

. Tritanomal : besoin de bleu.

Remarque : Des tests permettent de diagnostiquer ces différents troubles. Le test le plus fréquemment utilisé fut inventé en 1917 par le japonais Shinobu Ishihara. Il est constitué de 38 planches « pseudoisochromatiques » et permet de détecter toutes les déficiences dichromatiques sauf la tritanopie et la tritanomalie.

Le daltonisme est donc un trouble de la vision, mais il n’est que rarement handicapant. Les sujets se contentent de reconstruire leur environnement visuel sur la base de deux au lieu de trois couleurs. Leur vision du monde n’est par conséquent pas moins riche, elle est simplement différente.

Bibliographie :

- « Les peintes et les anomalies de la vision » : Pour la Science n°247, Philippe Lanthony

- « La vision des couleurs chez les primates » : Pour la Science n°288, Sébastien Bohler

- « Le test d’Ishihara » : logiciel réalisé par le Dr Remy LOUVET, médecin pompier.

- Biologie moléculaire de la cellule, Médecine-Sciences - Flammarion, Bruce Alberts et collectif.

- Le Larousse médical, Larousse, collectif.

- « Le site les daltoniens »

- Schémas : Erwan Le Fol


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